Vous avez soigné votre annonce, peaufiné vos critères, investi dans la visibilité. Et pourtant, les candidatures ne décollent pas. Ou alors… elles arrivent, mais les profils ne sont pas au niveau attendu. Vous êtes loin d’être seul dans ce cas. Une vérité persiste : les meilleurs talents ne sont pas en recherche d’emploi.
Ils ne sont pas sur les plateformes. Ils ne remettent pas leur CV à jour. Et non, ils ne scrutent pas les offres tous les soirs par ennui. Parce qu’ils ont déjà un job. Un job qu’ils aiment. Et c’est exactement pour ça qu’il faut aller les chercher. Là où ils sont.
Le marché caché de l’emploi : 80 % des talents vous échappent
En 2025, seuls 16 % des professionnels suisses sont en recherche active d’emploi (source : JobCloud x HR Today, janvier 2025). Ce chiffre est en recul par rapport à l’année précédente. La majorité des actifs, soit 84 %, ne répondent à aucune offre. Ils ne postulent pas. Pourtant, beaucoup sont ouverts à être sollicités… à condition qu’on vienne les chercher avec la bonne approche.
Ce qu’on appelle le « marché caché » est donc un vivier colossal mais silencieux, composé de professionnels qualifiés, opérationnels, performants. Le problème ? Ils ne viendront pas à vous. C’est à vous d’aller vers eux.
La réalité suisse : un marché de l’emploi en tension maximale
Les chiffres sont sans appel. Le taux de chômage en Suisse est tombé à 2,3 % début 2025 (source : SECO, mars 2025),c’est un record historique. Dans le même temps, le nombre d’offres d’emploi a explosé, avec plus de 91 000 postes vacants recensés par l’Office fédéral de la statistique. Résultat : la guerre des talents n’a jamais été aussi vive.
Et sur certains métiers, la tension est même critique :
- Ingénierie, IT, santé, métiers techniques : les profils sont rares et ultra-sollicités.
- Le recrutement dans les fonctions support (RH, finance, marketing) devient lui aussi un véritable casse-tête.
- Même les métiers manuels et qualifiés (électriciens, mécatroniciens, etc.) connaissent une forte pénurie.
Aujourd’hui, le vivier actif offre des perspectives de plus en plus restreintes.
Pourquoi les meilleurs profils de candidats ne cherchent pas
Ce n’est pas un manque d’ambition loin de là. C’est plutôt un signe de stabilité. Ces profils évoluent déjà dans des environnements valorisants, reconnus. Ils ont été promus, responsabilisés. Ils avancent dans leur carrière.
Ils ne passent pas leurs pauses à chercher un autre poste. Parce qu’ils ne sont pas en recherche. Mais ils écoutent. Ils écoutent si l’on leur parle du bon projet, au bon moment mais surtout avec la bonne approche.
Et c’est là que tout se joue.
Les limites du « post and pray » dans la recherche de candidats
Publier une offre et attendre, c’est dépassé. Le « post and pray » n’est pas une stratégie, c’est un pari.
Un pari souvent perdu malheureusement.
Chaque jour de poste non pourvu coûte à l’entreprise en productivité, en surcharge pour les équipes, en perte d’opportunités. Selon Swissstaffing, le coût moyen d’un recrutement raté en Suisse dépasse 50 000 CHF. Et cela sans compter l’impact sur la cohésion, la marque employeur et le moral des troupes.
Recruter passivement, un luxe ? Non, une nécessité
Recruter des talents en poste, c’est du sur-mesure. Ce n’est pas du sourcing de masse. C’est de l’approche directe, fine et intelligente. C’est ce que font les entreprises les plus agiles et les plus performantes en Suisse aujourd’hui.
Et pour cause :
1. Vous accédez à des profils de haut vol
Ils ne sont pas « meilleurs » simplement parce qu’ils ne cherchent pas. Mais leur stabilité, leur évolution et leur reconnaissance interne témoignent souvent de leur excellence. Ce sont eux qui tirent les équipes vers le haut.
2. Vous recrutez plus vite… et mieux
Une fois le bon profil ciblé, l’échange va droit au but. Il y a moins de tri, moins de filtres. Le processus est plus court et souvent plus qualitatif. C’est de l’humain avant tout.
3. Vous valorisez votre marque employeur
Une entreprise capable d’aller chercher les meilleurs, même en poste, est perçue comme audacieuse, dynamique et attractive. Vous ne subissez plus le marché : vous le créez.
Comment aller chercher les talents en poste pour vos futurs recrutements ?
Étape 1 : Ciblez intelligemment les candidats
Trouvez les bons profils, pas les profils disponibles. Utilisez LinkedIn, les réseaux spécialisés, le réseau interne. Et surtout, vous devez affiner vos critères : qui est vraiment la personne idéale ? Où se cache-t-elle ?
Étape 2 : Personnalisez l’approche de vos recrutements
Le message générique ne fonctionne plus. Les talents veulent savoir pourquoi VOUS les contactez. Pourquoi eux précisément ? Parlez de leur parcours, de leurs réalisations, de ce que vous imaginez pour eux. Montrez que ce n’est pas une chasse hasardeuse, mais une rencontre réfléchie.
Étape 3 : Parlez d’avenir professionnel, pas de poste
Ce que vous proposez doit être plus qu’un job. Un cap. Un projet. Une progression. Posez des questions, impliquez-les, faites-les rêver. Parlez vision, impact, alignement de valeurs.
Étape 4 : Offrez de la valeur à vos collaborateurs, pas seulement un salaire
En 2025, les talents cherchent du sens, de l’équilibre, de la reconnaissance. Télétravail, autonomie, montée en compétences, santé mentale : tous ces critères comptent autant que la rémunération. Alors si vous cochez ces cases, dites-le haut et fort.
Étape 5 : Soignez votre réputation avec la marque employeur
Avant même de répondre, 76 % des talents passifs vont se renseigner sur vous (source : LinkedIn Talent Trends 2025). Si vos collaborateurs témoignent favorablement et que votre culture d’entreprise se reflète clairement sur le web, vous disposerez d’un levier puissant. À l’inverse, ils seront moins enclins à répondre positivement à vos propositions d’emploi.
Anticiper vos postes à pourvoir plutôt que subir
Les entreprises qui gagnent la guerre des talents sont celles qui anticipent. Qui mènent une stratégie de talent mapping, qui investissent dans leur vivier de candidats passifs, qui cultivent les relations même quand il n’y a pas d’offre à pourvoir.
Parce que demain, ces talents seront peut-être prêts. Et vous serez déjà en première ligne.
Les règles du jeu du recrutement ont changé
Attendre que le bon profil frappe à votre porte en 2025, c’est comme espérer que la mer vous livre un trésor au fil des vagues. Le vrai recrutement, celui qui fonctionne, celui qui transforme l’entreprise, se passe en dehors des sentiers battus. Il se passe chez vos concurrents, dans les bureaux d’en face, dans les équipes qui performent déjà.
C’est à vous d’aller les chercher.